19.05.2006

Création de maladies pour vendre des médicaments

PARIS (AFP) - Il est temps de mettre fin à la "création" de maladies "sponsorisée" par l'industrie pharmaceutique, selon le Plos Medicine, revue dont un numéro spécial dénonce le marketing des firmes qui transforment des gens sains en patients, et gaspille de précieuses ressources pour élargir le marché.

Selon la revue du Plos (Public Library of Science, organisation à but non lucratif), publiée mardi, l'accroissement indu de la consommation médicamenteuse a aussi pour conséquence d'augmenter les dégâts iatrogéniques (effets indésirables dus aux traitements) d'autant plus dommageables lorsque le bénéfice potentiel du traitement pour la personne concernée est discutable.

La sortie de ce dossier, accessible sur le net (www.plosmedicine.org) coïncide avec une conférence internationale (www.diseasemongering.org) organisée du 11 au 13 avril à Newcastle (Australie) sur la "création" ou de la "redéfinition" de maladies.

Le dossier décrit le mode de fabrication et de vente de syndromes, de maladies ("disease-mongering") et autres facteurs de risques supposés étendre le marché : comment par exemple le concept de "dysfonction sexuelle féminine" a été forgé au fil du temps alors que sa définition reste floue, comment grâce au marketing direct auprès du public la dysfonction érectile s'est étendue, au delà des problèmes rencontrés par les diabétiques ou des hommes opérés de la prostate, aux banales pannes passagères sans cause médicale chez l'homme jeune.

Des problèmes sans gravité chez l'enfant sont aussi présentés comme de sérieux maux : ainsi le psychiatre britannique David Healy aborde la façon dont des firmes ont "vendu" le trouble bi-polaire (maniaco-dépression), entraînant une explosion de diagnostics chez les enfants américains, certains ayant à peine deux ans.

La promotion du "fast food" dans les écoles a suscité de larges débats, mais pas "l'infiltration des écoles par l'industrie pharmaceutique", déplore Christine Phillips (Australie, université de médecine, Acton) qui détaille les modalités de "formation" des enseignants et infirmières scolaires sur les déficits d'attention liés à l'hyperactivité (ADHD) et leur traitement par psychostimulants.

Entre 1990 et 1995, les prescriptions de méthylphénidate (Ritaline) chez les jeunes ont plus que doublé aux Etats Unis, et ont été multipliées par cinq au Canada. En 2001, cinq millions d'écoliers américains (10%) ont fait leur rentrée sous calmants (antidépresseurs, neuroleptiques ou médicaments pour se concentrer comme la Ritaline...), selon des experts américains.

Les rappels à l'ordre des autorités sanitaires face aux dérapages publicitaires directs ou indirects apparaissent bien faibles au vu de l'ampleur prise par ces méthodes de vente, selon Plos Medicine.



Source non disponible

Commentaires

Lors de mes études en économie médicale en 1978, nous apprenions que "plus il y a de médecins, plus il y a de malades". Il va falloir compléter cette observation aujourd'hui.

Attention vos liens sont erronés

Je m'abonne à votre newsletter.
Bonne continuation.

Ecrit par : la fourmi | 27.05.2006

Merci de m'avoir dit que les liens posaient problème, il s'est avéré que la source n'existe plus, il semble y avoir eu un soucis avec le site/forum.

Ecrit par : Naturelle | 27.05.2006

ce que vous nous apprenez, je m'en doutais..J'ai observé un médecin généraliste oser prescrire à mon adolescent un médicament au nom bizarre (mon enfant se plaignait de vraie fatigue physique, je dis bien physique, épuisé lors de l'année du bac, avec révisions etc, il était à plat et ça se voyait, ce qu'il demandait c'était l'apport de vitamines possibles, etc, vous savez ce qu'a osé prescrire le médecin au sourire si commercial ? un anti-dépresseur !! quand j'ai consulté le dico des médicaments et que j'ai vu la composition de ce produit dont j'ai oublié le nom, j'ai appelé ce toubib et je lui ai dit qu'on le quittait sur le champ et je l'ai accusé de vouloir nuire à la santé de notre enfant et si, en toute confiance, on avait donné cette saleté à notre enfant, aujourd'hui il serait vraiment dépressif et serait dépendant de poison pareil : j'ai été dans une colère noire, moi la mère attentive j'aurais su la première si mon enfant était dépressif, or il ne l'était pas, et bien entendu il ne l'a jamais été, ne l'est pas et ne le sera pas, par contre j'ai surpris un toubib en train de vouloir créer un besoin, une maladie à partir d'un médicament inadapté et prescrit volontairement. Aujourd'hui s'il a le malheur de me croiser, ce toubib baisse les yeux, rase les murs.. Je l'ai taxé de... Ma mère me disait déjà que des médecins sont capables de déclencher des maux chez des patients qui viennent pour un petit bobo, histoire de se faire une clientèle surtout s'ils démarrent : je me méfie d'eux, comme pas possible ! Il faut s'armer d'un dico des médicaments, il faut s'informer, il ne faut jamais accepter ce dont on ne nous explique ni la raison ni les suites, et changer de médecin si celui qu'on a en face de soi n'est ni franc ni n'explique : j'ai opté depuis bien longtemps pour les médecines douces qui sont efficaces et ces médecins ont de la moralité. Ne jamais se laisser intimider, c'est pas parce que la personne en face de vous vous fait des grands airs ou vous oblige à vous déshabiller histoire d'avoir moralement le dessus sur vous parce que vous mettant dans une situation d'infériorité (ils s'imaginent ça en tout cas) qu'il faut se laisser faire, et surtout toujours vous faire accompagner par une personne autre : familier, ami, les toubibs ont horreur de ça, par crainte d'être surpris, observés. Quand on est deux, on est une force, un mur, on ne peut pas se faire manipuler...

Ecrit par : maricris | 13.07.2006

Si vous souhaitez pousser la réflexion sur ce sujet j'ai mis une note qui complète votre article. http://plusdesante.blogspirit.com/archive/2006/07/10/comment-fabriquer-des-maladies.html
Concernant le commentaire précédent, les médecins subissent une pression très forte des laboratoires, peut-être un peu moins depuis que le pharmacien peut substituer des génériques.
La facilité de prescrire un médicament plutôt que d'agir sur l'hygiène de vie est un autre facteur influençant la démarche médicale. Quand les consultations s'enchaînent à un rythme d'enfer…
Les médecins ne se sentent pas concernés dans ces conditions pour faire de la prévention… sauf si ce type de consultation est pris en charge, ce qui devrait se faire… pour les seniors.
Pour les autres internet est une ressource extraordinaire, mais il est difficile de trouver des informations fiables et validées pour grand nombre d'entre nous.
En tant que paramédical j'ai créé un site pour aider a s'y retrouver. Bien sûr il est loin d'être exhaustif.
Mais comme je le pense depuis très longtemps, ce qui se confirme tous les jours en médecine aujourd'hui, l'hygiène de vie est la base de la santé.

Ecrit par : la fourmi | 14.07.2006

Un livre qui traite parfaitement ce sujet :
"Ces maladies créées par l'Homme", par le Professeur Dominique Belpomme.
Dans notre société, on traite le mal au lieu d'essayer d'éliminer la cause de ce mal. (on essaye de guérir un cancer au lieu de l'éviter, d'où surconsommation de médicaments, d'où, enrichissement de l'industrie pharmaceutique. La boucle est bouclée !)

Ecrit par : Naturel | 14.09.2006

Ecrire un commentaire