14.05.2006

L'Oréal va racheter Body Shop pour 652 millions de sterling

Rachat effectué depuis la parution de l'article.

par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - L'Oréal, le n°1 mondial des cosmétiques, va racheter pour 652 millions de sterling (945 millions d'euros) Body Shop, groupe britannique de produits de beauté et d'hygiène d'origine naturelle fondé il y a 30 ans. Pour les analystes, cette opération a du sens sur le plan stratégique et au niveau financier, même si elle n'est pas majeure à l'échelle du groupe. En rendant la nouvelle publique, L'Oréal a confirmé une rumeur surgie le 23 février dernier qui avait fait bondir le cours de l'Oréal à un plus haut de 76,45 euros. L'action en profite encore en affichant vers 15h15 une avance de près de 0,5% à 74,95 euros alors que dans le même temps celle de Body Shop s'adjugeait 10,26% à 295-1/2 pence, non loin du prix de 300 pence offert par L'Oréal. Le conseil de l'entreprise britannique a recommandé l'offre du français qui représente une prime de 34,2% par rapport au cours de clôture de 223,5 pence du 21 février dernier. Les engagements irrévocables des administrateurs de la marque emblématique de produits d'hygiène naturels assure déjà à l'Oréal 42,6% du capital de Body Shop. Le champion français des cosmétiques pense que son emplette aura un impact neutre en 2006 et qu'elle sera relutive à partir de 2007.

UNE OPERATION REPONDANT AUX ATTENTES "L'opération va permettre à L'Oréal de se positionner sur les produits éthiques, en forte croissance, sur lequel il n'était pas présent", commente un expert. Il estime, avec d'autres analystes du secteur, qu'elle devrait être en fait relutive de 1% dès les résultats 2006 de L'Oréal. Ce rachat aura aussi le mérite de permettre à L'Oréal d'utiliser une partie de son cash flow, estimé à 1,5 milliard d'euros par an, tout en répondant à une attente du marché qui a souvent reproché au groupe son manque d'agressivité en matière de croissance externe, ajoutent des analystes. Jean-Paul Agon, qui prendra la direction opérationnelle de L'Oréal en avril 2006, avait annoncé la couleur en février dernier en confiant qu'il comptait recourir à des acquisitions pour accélérer sa croissance. A l'époque, il n'avait pas caché sa volonté de revisiter "les tabous" historiques du groupe en s'autorisant par exemple à grandir dans de nouveaux métiers.

Avec Body Shop, L'Oréal donne une suite au rachat du laboratoire Skin Ethic, un spécialiste de l'expérimentation sur peau synthétique et non plus sur animaux, une démarche prônée par Anita et Gordon Roddick, les fondateurs de l'entreprise britannique. Les Roddick ont démarré leur activité dans une petite boutique de Brighton en 1976 en vendant des produits fabriqués à partir d'ingrédients naturels bruts achetés dans les pays en développement et vendus dans des emballages recyclés. PAS DE TESTS SUR LE ANIMAUX DEPUIS 1989 Après un succès retentissant dans les années 1980, Body Shop avait connu un gros passage à vide face à la naissance de concurrents et en échouant dans une tentative maladroite d'expansion aux Etats-Unis. Elle est de nouveau sur les rails aujourd'hui avec 2.085 magasins dans 54 pays mais a néanmoins lancé un avertissement sur son résultat annuel à fin février en raison d'une activité moins bonne que prévu pendant la période de Noël. Désormais, elle n'escompte plus qu'un bénéfice d'exploitation égal ou légèrement supérieur aux 57,2 millions d'euros dégagés l'an dernier. Au cours de l'année fiscale, Body Shop a enregistré un chiffre d'affaires de 419 millions de livres. L'Oréal assure qu'il fera bénéficier Body Shop de son implantation internationale mais que la société restera une entité indépendante et que son actuelle équipe de direction sera maintenue.

Au cours d'une conférence de presse, Anita Roddick a expliqué avoir été séduite par le charme français de L'Oréal. "Laissez-moi vous dire comment font les Français pour vous séduire", a-t-elle dit. "Ce sont les plus sacrés séducteurs du monde. Ils sont charmants, ils sont bien élevés, ils vous complimentent et vous flattent." "Nous aurions pu nous tourner vers un capital-risqueur qui nous aurait peut-être offert cinq pence (par action) de plus mais je n'en suis pas sûre. Je voulais simplement être certaine que nos salariés seraient heureux (...) et que la communauté dont nous tirons nos revenus sera fière de nous", a-t-elle ajouté. L'Oréal a aussi indiqué que l'opération renforcerait son propre portefeuille "avec une marque très complémentaire" et il s'est engagé à préserver les valeurs de Body Shop. Chacun des deux groupes conservera son propre réseau de distribution. "Le rachat de l'écologiste par le colosse pourrait ressembler au mariage de la carpe et du lapin mais au fil du temps, Body Shop a adopté un positionnement plus haut de gamme tandis que L'Oréal s'est de plus en plus intéressé au commerce de détail", remarque un analyste. Il rappelle aussi que depuis 1989, L'Oréal ne fait plus d'expérimentations sur animaux.



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Je rappelle que L'Oréal ne fait plus d'expérimentations sur animaux (ainsi que toutes les autres marques de cosmétiques) sur les produits finis puisque la loi l'interdit, mais ils ne se privent pas de le faire sur les produits de "bases"...

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