23.07.2006

Huile alimentaire : vraiment alimentaire ?

La première huile alimentaire utilisée fut, sans nul doute, l'huile d'olive, il y a plus de 6000 ans.
Le transport n'étant que peu développés sa consommation ne dépassait pas le pourtour méditérranéen.

Les autres régions, au Moyen-Age, puisaient une partie de leur ration lipidique, dans les huiles de faîne (fruit du hêtre), de chenévrier, de navette et de noix.

Vers 1600 apparaît l'huile d'oeillette dont la consommation se raréfie dès la seconde moitié du XIXe, avec l'apparition, de l'huile d'arachide.

Aujourd'hui, le choix et la qualité que nous sommes en droit d'exiger d'une huile végétale restent l'apanage d'un réseau de distribution très étroit. Le peu d'informations objectives, à ce sujet, fait que 90% de la population consomme une huile complétement dénaturée et nutritivement morte.

A) Leur EXTRACTION se fait de deux façons :

par pression :
c'est le moyen mécanique le plus traditionnel; aprés triage, les fruits et graines sont soumis, à froid ou à chaud, à la presse.

- A FROID :
L'huile obtenue est le jus naturel, renfermant tous les principes nutritifs essentiels, du végétal utilisé. Filtrée sur tissus ou sur buvard, l'huile est conditionnée en bouteille de verre teintée afin d'éviter tout risque d'oxydation.

- A CHAUD :
Ce mode d'extraction s'emploie surtout avec des graines oléagineuses. Elles sont avant tout soumises à la presse, broyées et chauffées afin de faciliter l'élimination de l'huile. Le produit obtenu est de couleur foncé et d'odeur relativement désagréable. Le raffinage se révèle alors nécessaire afin que l'huile obtenue puisse être commercialisable.
La chaleur fait perdre au produit un certain taux d'éléments nutritifs.

PAR SOLVANT :
Les tourteaux restants après première pression, renferment toujours un taux élevé de corps gras ne pouvant être consommé tel quel et doit subir un raffinage;
Solvants autorisés :

-ACETONE
-BUTANE
-ESSENCE B (Essence de pétrole 60/80 ou hexane)
-ETHANOL (alcool Ethylique)
-ISOPROPANOL (Alcool Isopropylique)
-PROPANE

B) LE RAFFINAGE :

Il regroupe l'ensemble des traitements physiques et chimiques que doit subir une huile extraite à chaud ou au moyen de solvants, avant d'être livrée au consommateur.
Comme ces huiles possèdent en suspension, un certain nombre d'impuretés ainsi qu'une couleur foncée et une odeur fort repoussante, une série de traitements, plus ou moins nocifs, permet d'éliminer ces résidus.

Démucilagination :

Sous le terme de mucilage sont regroupées les nombreuses impuretés que renferment les huiles pressées à chaud ou au moyen de solvantq : matières albuminoïdes, mucilages vrais, phosphatides, résines, etc.
Toutes ces substances sont précipitées par adjonction d'acide sulfurique ou phosphorique, puis séparées grâce à une centrifugeuse.
Il est utile de souligner qu'un nombre important de phospholipides indispensables aux cellules nerveuses sont, de cette manière, éliminés.

Neutralisation :

Les fruits et les graines destinés à la production d'huilre raffinée sont très souvent de qualité inférieure. Il en résulte un taux élevé d'acides gras libres, que l'on est obligé d'éliminer par adjonction d'une base : la soude caustique généralement.
Huile et soude sont battues ensemble ; il en résulte une précipitation de pâte savonneuse, que l'on sépare de l'huile par centrifugation.
Là, encore des éléments nutritifs sont éliminés : matières colorantes et phosphatides.

Lavage - Séchage :

L'opération de neutralisation terminée, il reste toujours en suspension des particules de pâte savonneuse. L'huile est alors lavée à l'eau, puis séchée sous vide.

Décoloration :

Afin d'être commercialisables, les huiles obtenues, par la chaleur et les solvants, doivent être décolorées. Pour ce faire, elles sont mélangées à des terres argileuses activées par adjonction d'acide phosphorique (ou sulfurique) ou à des charbons actifs retenant les pigments colorés. Le mélange est ensuite filtré;
Malheureusement, un certain taux de matières grasses sont également retenues. Afin d'éviter de telles pertes, certaines industries utilisent directement des décolorants chimiques, tels le Bichromate de potassium ou le Thiosulfate de sodium.

Désodorisation :

Nous avons vu, au début du présent chapître, que les huiles, n'étant pas de première pression à froid, ont une odeur très forte et souvent désagréable. Ce défaut est accentué par l'utilisation de terres activées, conférant à ces huiles un goût terreux très caractéristique.
Elles sont alors chauffées à près de 200°. Puis, sous vide, leur est envoyée, dans la masse, de la vapeur d'eau portée à haute température. Son action est d'éliminer les composés odorants.
dans certains cas, le Chlorue de Zinc est également employé.

Recoloration :

Afin de donner à l'huile la belle couleur or que nous lui connaissons, on colore le produit résultant du raffinage au moyende curcumine, acide carruinique, orcéine, caroténoïdes, etc...

Malheureusement, c'est un produit pratiquement mort et nocif qui ne devrait en aucun cas bénéficier de l'appellation : huile alimentaire.

Avant d'être commercialisées, les huiles raffinées sont conditionnées dans des bouteilles plastiques.
Nulle précaution n'est à prendre pour leur conservation. Ces huiles étant totalement dénaturées par les traitements subis sont stabilisées et ne risquent aucune oxydation.
Et, pour ne prendre aucun risque, les industries ajoutent dans certains cas, un antioxydant afin d'éviter un éventuel rancissement



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Commentaires

s.v.p j'ai un sujet sur la modilisation de la décoloration des huiles alimentaires,vous pouvez me aider.

Ecrit par : mohamed dhabaghy | 05.08.2006

Dis-donc, pas très optimiste tout ça ... Mais la vérité ne fait pas toujours bon ménage avec ... En tout cas, j'en viens parfois à me demander ce qu'on peut manger, faire, respirer ...

Mais tout de même, plutôt que de renoncer, de se dire que tout seul on n'y changera rien, au contraire je me dis que ce sera toujours ça de gagné ... Alimentation Bio, aller vers plus de naturel, autant que possible ...

Merci pour ces infos, et j'espère lire un nouveau billet de ta part prochainement !

Ecrit par : Odile sans régime | 03.09.2006

Et oui, malheureusement, en matière d'alimentation, plus on se renseigne, plus on se demande ce qu'il reste de valable :s

Mais tout comme toi, je ne désespère pas et préfère dire que même si c'est une goutte d'eau dans l'océan, c'est déjà ça de pris !
Il suffit de sélectionner ses produits et aussi de pafois relativiser les choses, le tout est dans l'équilibre qui en résulte ^^

Concernant mes billets, je sais qu'ils se font rare en ce moment mais avec les vacances et tout le reste, le temps aussi se fait plus rare !
J'en ai plusieurs en attente que je pense travailler durant ce mois, et ainsi les newsletter reviendront à la vie aussi ! ;)

Ecrit par : Naturelle | 03.09.2006

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