22.10.2007
Caen (14) : les chercheurs de l’université révèlent les effets toxiques de l’herbicide «Roundup» sur les cellules embryonnaires humaines
À l’Institut de biologie de l’Université de Caen, l’équipe de chercheurs en biochimie du professeur Gilles-Eric Séralini (1) vient de publier les effets toxiques jusqu’alors inconnus de l’herbicide « Roundup » sur des cellules embryonnaires humaines.
Fabriqué par la compagnie pharmaceutique américaine Monsanto, ce produit, en vente libre, est le principal herbicide utilisé au monde, y compris sur les OGM alimentaires.
Les cellules embryonnaires sont issues d’une lignée cultivée au laboratoire qui ne nécessite pas de destruction d’embryon. L’équipe caennaise a voulu confirmer et approfondir la compréhension des effets déjà observés sur les cellules provenant de placenta, auxquelles elles ont été comparées, et sur lesquelles la même équipe avait publié en 2005. Les cellules d’embryon sont bien plus sensibles.
Les actions délétères du Roundup sont relevées à partir de doses très faibles (le produit vendu en magasin a été dilué jusqu’à 10.000 fois) et elles sont confirmées, en particulier au niveau de la perturbation des hormones sexuelles à des doses non toxiques, notamment avec des extraits de placenta frais. Ces doses correspondent aux doses discutées pour être autorisées dans certains OGM tolérants au Roundup aux États-Unis.
Il est mis en évidence que c’est le produit Roundup (tel que vendu aux jardiniers du dimanche non-bio, aux obsédés du désherbage et du gazon-moquette comme aux agriculteurs productivistes) qui est beaucoup plus toxique que le produit connu et homologué pour être son principe actif, le glyphosate. Les lacunes de la réglementation européenne sur l’étude des mélanges et des perturbateurs hormonaux sont soulignées.
Ces travaux pourront peut-être permettre de mieux comprendre les problèmes de fausses couches, de naissances prématurées, ou de malformations sexuelles chez les bébés, entre autres de couples d’agriculteurs.
L’article publié en ligne en avant-première sur le site de la revue « Archives of Environmental Contamination and Toxicology » dirigée par le Dr Doerge de la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis, paraîtra dans le numéro de juillet 2007.
Ces travaux sont soutenus par la Fondation pour une Terre Humaine, la Fondation Denis Guichard, le CRIIGEN (Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie GENétique) et le Conseil régional de Basse-Normandie.(1) Time and Dose-Dependent Effects of Roundup on Human Embryonic and Placental Cells by Nora Benachour, Herbert Sipahutar, Safa Moslemi, Céline Gasnier, Carine Travert, Gilles-Eric Séralini.Gasnier, Carine Travert, Gilles-Eric Séralini.
18:42 Publié dans Tout sur la santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.10.2007
Les Français renonceraient au chauffage écologique et économe, perçu comme trop cher
D'après une enquête de Batim-Etudes commanditée par l'association des professionnels pour un chauffage durable ''Energies et Avenir'' qui s'intéresse au choix du système de chauffage dans les logements neufs, une majorité de particuliers faisant construire une maison souhaiterait installer un chauffage à énergie renouvelable mais y renoncerait face aux coûts d'installation. Cette étude a été menée auprès de 400 particuliers ayant obtenu l'autorisation de construire une maison neuve isolée au premier semestre 2007 et de 160 professionnels.
Selon l'étude, 58% des Français déclarent ne pas avoir choisi le système de chauffage de leur domicile qu'ils auraient souhaité. En revanche, 68% d'entre eux auraient opté pour un système de chauffage fonctionnant par géothermie ou pompe à chaleur alors que deux foyers sur dix en sont équipés. Seul 1% des habitations sont alimentées en énergie solaire.
On assiste à un développement massif du chauffage électrique direct du fait de son faible coût d'installation, explique Hervé Thelinge, Président d'Energies et Avenir. En effet, selon l'étude, 51% des foyers sont équipés d'un chauffage électrique direct alors que seulement 15% jugent ce système idéal. Des critères financiers immédiats effacent les motivations environnementales et de long terme, souligne l'enquête. 80% des Français renoncent aux installations écologiques, les jugeant trop coûteuses. Le faible coût de l'installation (35%) suivi du confort et du faible tarif de l'utilisation (23 % ex-aequo) motivent les particuliers sur leur choix final de système de chauffage. La protection de l'environnement n'incite que 9% des Français tandis que les aides financières et crédits d'impôt ne persuadent que 3% des personnes interrogées. Paradoxalement d'après l'enquête, le chauffage ''idéal'' pour les consommateurs serait celui qui respecte l'environnement (60%), légèrement devant le coût global qui prend en compte la rentabilité sur le long terme (55%).
Le recours systématique au chauffage électrique direct va limiter notre capacité à faire baisser les émissions de CO2 dans le bâtiment et pourrait multiplier par quatre la production d'électricité en 2050, prévient Hervé Thelinge. Car l'électricité utilisée pour le chauffage vient principalement des centrales thermiques. Le chauffage central à eau chaude permet au contraire le développement des énergies renouvelables et accompagne les efforts consentis en matière d'isolation des logements, poursuit le Président d'Energies et Avenir. À l'instar des particuliers, les constructeurs immobiliers suivent la tendance du moindre coût. Le chauffage électrique direct est retenu trois fois sur quatre en particulier pour son faible coût d'installation (92%). Les promoteurs privés installent majoritairement du chauffage électrique direct (dans 70 % des cas) alors que les promoteurs publics préfèrent du chauffage au gaz ou au fioul (presque 7 fois sur 10 également), précise l'enquête.
Selon les promoteurs, l'installation de chauffage ''idéale'' utiliserait la géothermie/pompe à chaleur air-eau, le chauffage solaire ou le chauffage individuel au gaz ou au fioul. Dans ce palmarès, les systèmes électriques directs sont cités en dernier. De la même manière, les différents promoteurs se rejoignent sur les qualités d'un chauffage performant qui doit être confortable (61%), permettre une facture minimum (49%) et utiliser les énergies renouvelables (30%), ajoute l'étude.
À l'occasion du Grenelle de l'environnement, Energies et Avenir présente différentes mesures et demande d'étendre le crédit d'impôt de 50% à l'installation de chaudières à condensation dans les bâtiments neufs. L'association propose de réduire de 25 à 30% les émissions de CO2 dans le parc existant en incitant à la modernisation des équipements de chauffage et en généralisant leur maintenance. Chaque renouvellement d'un système de chauffage vétuste (une chaudière sur trois a plus de 15 ans) permet d'économiser jusqu'à de 30 % de CO2 émis (soit 2 tonnes/an pour une chaudière individuelle et 30 tonnes pour une chaudière collective), précise Energies et Avenir.
L'association demande également le développement de l'utilisation des énergies renouvelables à travers l'implantation de chauffages à eau chaude. Le système de chauffage à eau chaude est davantage porteur d'utilisation d'énergies renouvelables que le chauffage électrique direct : bois, biogaz, géothermie, solaire thermique, agrocombustibles, explique Energies et Avenir. L'association d'une chaudière et d'un capteur solaire permet 30 % d'économie de CO2, l'utilisation d'une pompe à chaleur réduit de moitié les émissions de CO2, ajoute l'association. Enfin, Energies et Avenir soutient la création d'un observatoire officiel des émissions de CO2 des différents systèmes de chauffage et propose la centralisation des données issues du Diagnostic de Performance Energétique ainsi que le développement de la formation des professionnels du chauffage aux nouvelles technologies.
R. BOUGHRIE
08:59 Publié dans Tout pour l'environnement | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : environnement


