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30.05.2008
La fin du monde tel que nous le connaissons
SourceLe compte à rebours a commencé : drogués au pétrole, nous ne pouvons pas nous en passer de sorte que c'est bien le monde que nous connaissons qui tire à sa fin. C'est dans une période d’inflation, de récession, de tensions internationales, de guerres que nous entrons bel et bien.
Nous sommes drogués au pétrole, nous ne pouvons pas nous en passer, nous sommes prêts à tout pour continuer notre addiction. Nous, c’est-à-dire le tiers le plus riche des habitants de la planète. Cette situation, à elle seule, aura bientôt des conséquences dévastatrices dans tous les domaines, sur tous les continents. La hausse actuelle du cours des hydrocarbures n’est pas un simple choc pétrolier - comme ceux que nous avons affrontés en 1973 et 1979 - c’est la fin du monde tel que nous le connaissons.
Cet événement, dont nous apercevons les prémisses, provient de la coïncidence, sur quelques années, de trois facteurs inédits : 1) le déclin définitif de la production de pétrole (géologie) ; 2) l’excès structurel de la demande mondiale sur l’offre de pétrole (économie) ; 3) l’intensification des guerres et du terrorisme pour l’accès aux ressources non renouvelables (géopolitique). Ces trois facteurs, se renforçant mutuellement, provoquent d’abord une hausse des prix des produits pétroliers, puis du gaz et de l’énergie, enfin de toutes les denrées et services qui en dépendent. Bref, nous entrons dans une période d’inflation, de récession, de tensions internationales, de guerres.
1) En 1956, King Hubbert était géologue à la société Shell. Il publia un article peu remarqué affirmant que la production pétrolière des 48 premiers états américains - la plus importante du monde à cette époque - allait croître jusqu’en 1970, puis décliner inexorablement ensuite. Il fallut attendre un peu plus de quatorze années pour lui donner raison : la production américaine ne cesse de décroître depuis 1970. En extrapolant les méthodes de Hubbert à l’ensemble de la planète, on peut estimer que nous avons atteint aujourd’hui - en 2008 - le maximum de la production mondiale de pétrole. Ceci est un évènement exceptionnel dans l’histoire humaine. Pour la première fois, les volumes de la matière première la plus indispensable à l’ensemble de l’économie mondiale auront cru pendant cent cinquante ans pour diminuer ensuite, sans coup férir, année après année. L’image mentale de la « croissance » - du PIB, de la population, du nombre d’automobiles… - se heurte à la décroissance géologique, inéluctable, irréversible de son plus précieux fluide. La singularité de cet évènement est telle qu’aucun modèle du monde économique, aucune information massive de sensibilisation, aucune politique d’évitement ou d’adaptation n’auront précédé son advenue. Cette ignorance est catastrophique.
2) Le second facteur créateur du choc est le croisement actuel de deux courbes. La courbe de la demande mondiale de pétrole et celle de l’offre mondiale, qui a toujours été supérieure à la première, jusqu’à présent. Aujourd’hui, la demande dépasse l’offre. Cette nouvelle situation d’excès structurel de la demande mondiale sur l’offre provoque une tension sur les marchés des cours du pétrole et, finalement, une hausse forte et définitive de ces cours. L’inflation des prix des produits pétroliers se propage aux autres domaines, notamment l’agriculture et la pêche, les transports et le tourisme.
Les esprits cornucopiens - croyants en une corne d’abondance éternelle - estiment tranquillement que le croisement des courbes de l’offre et de la demande ne durera pas, la technologie, le marché et l’ingéniosité humaine parvenant à prolonger les modes de production et de consommation industriels, et même à les étendre au monde entier. La consommation d’énergie ne peut que croître. L’avenir est radieux, la mondialisation heureuse. Les économistes prétendent que le prix de l’énergie doit tendre vers le coût marginal. J’estime, au contraire, que le prix d’une énergie doit tendre vers le coût de sa substitution éventuelle, qui est bien plus élevé que le prix actuel. Autrement dit, à 130 dollars le baril et à 1,50 euros le litre à la pompe, le pétrole n’est pas cher. Nous nous en apercevrons bientôt lorsque le baril sera à 300 dollars et le litre à 3 euros.
3) Hausse des cours du pétrole. Inflation. Augmentation des taux d’intérêt. Dette. Création de monnaie. Dévaluation. Baisse du pouvoir d’achat, baisse des achats. Récession. Tensions internationales… Le pétrole en hausse, c’est la guerre.
Les pays gros consommateurs de pétrole n’en possèdent pas, ou n’en possèdent plus, ou moins que jadis. La France et l’Allemagne n’en ont pas. Les Etats-Unis importent aujourd’hui plus de la moitié de leur consommation. La Grande-Bretagne est devenue importatrice en 2004, du fait de la déplétion des champs de la mer du Nord. Favorisées par la nature (?), les grandes régions exportatrices sont le Moyen-Orient, l’Oural-Volga et la Sibérie occidentale en Russie, le golfe de Guinée, le Venezuela et le Mexique.
Les pays du Moyen-Orient, qui détiennent les deux tiers des réserves de pétrole et assurent 31% de la production, ne contribuent qu’à 6% de la consommation mondiale. Une situation semblable, bien que moins contrastée, prévaut en Afrique (production : 11% ; consommation : 3%) et en Amérique latine (production : 10% ; consommation : 6%). À l’opposé, les régions grandes consommatrices sont importatrices : l’Amérique du Nord (production : 18% ; consommation : 30%), l’Europe (production : 9% ; consommation : 22%) et l’Asie-Océanie (production : 10% ; consommation : 28%).
Ce qui fut appelé « développement » au cours de la seconde moitié du vingtième siècle se résume à une qualité : l’accès à l’abondance pétrolière bon marché pour produire du travail mécanique. C’est pourquoi les Etats-Unis furent et demeurent le premier des « pays développés ». Pendant la majeure partie de ce dernier siècle, ils possédèrent, avant et plus que tout autre, cet accès au pétrole sur leur territoire et par l’intermédiaire de leurs compagnies transnationales. Mais les temps changent. Découvertes en chute, offre stagnante, demande croissante, guerres pour l’accès. Telle est la formule de la déplétion pétrolière qui s’annonce. Le choix des pays industrialisés est binaire : ou bien ils décident leur sevrage immédiat et rigoureux, ou bien ils continuent leur addiction par la force. La première alternative est la seule manière de sauvegarder la solidarité, la démocratie et la paix, mais nous avons choisi la seconde : la guerre (Irak, Afghanistan, Darfour…).
Cette situation n’est pas « la fin du pétrole » ou « la fin des énergies fossiles », c’est la fin de l’énergie bon marché et, conséquemment, la fin du monde tel que nous le connaissons, c’est-à-dire, avant quinze ans, la fin de la croissance économique, la fin du capitalisme, la fin de l’Union européenne, la fin de l’aviation commerciale de masse, la fin de la grande distribution… Les transitions énergétiques des siècles passés - du bois au charbon, du charbon au pétrole - étaient graduelles et adaptatives, le pic de Hubbert sera brusque et révolutionnaire. La fin du pétrole bon marché est la plus grande épreuve qu’ait jamais affrontée l’humanité (c’est LE problème). Afin d’en repousser un peu la date et d’en réduire un peu les effets désastreux, la seule conduite possible est l’apprentissage de la sobriété (c’est LA solution). C’est-à-dire, politiquement, une perspective d’autosuffisance décentralisée, par la décroissance de la consommation et des échanges de matières et d’énergie, une mobilisation générale de la société autour d’une sorte d’économie de rationnement solidaire et démocratique.
Dans l’immensément complexe cycle du carbone, l’aval du cycle, désormais connu sous l’appellation de « changement climatique », est aujourd’hui l’objet d’une certaine attention, voire de quelques faibles décisions (Protocole de Kyoto, Grenelle de l’environnement) destinées à réduire ou à s’adapter aux épisodes climatiques extrêmes qui se profilent. Mais le changement climatique, bien que rapide au regard des temps géologiques, est dix fois plus lent que l’amont du cycle du carbone, c’est-à-dire le pic de Hubbert, le « Peak Oil ». Si celui-là se mesure en décennies, celui-ci se mesure en années. Nous ne sommes plus dans la prévision, nous sommes dans le compte à rebours.
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25.05.2008
Une espèce d'oiseau sur huit est menacée d’extinction, selon l'UICN
Une espèce d'oiseau sur huit est menacée de disparition, soit 1.226 espèces dans le monde contre 1.186 en 2004, selon la dernière Liste rouge de l'Union mondiale pour la nature (UICN) présentée le 19 mai à Bonn, où se tient la convention de l'ONU sur la biodiversité.
Cette nouvelle liste rouge 2008 des oiseaux mondialement menacés d’extinction est réalisée pour l’UICN tous les quatre ans par BirdLife International. 24 espèces ont ainsi rejoint un niveau supérieur de menace.
Selon l'UICN, le changement climatique et la déforestation accélérée par le développement des agrocarburants contribuent à la disparition des espèces d'oiseaux auxquelles s'ajoutent la dégradation des habitats et l'introduction d'espèces exotiques envahissantes.
Ces menaces conduiront à une accélération des extinctions, surtout sur les îles, où le taux d’endémisme est très important, rendant les espèces plus vulnérables, a prévenu la LPO. Selon l'organisation, 134 espèces connues d’oiseaux ont disparu depuis cinq siècles.
Parmi les 1.226 espèces d'oiseaux menacées de la Liste rouge de l'UICN, 4 sont éteintes à l’état sauvage et 190 sont déclarées en danger critique d’extinction. 363 espèces sont menacées d'extinction.
En 2008, la France métropolitaine et d’Outre-mer ne compte pas moins de 75 espèces menacées d’extinction alors qu’elle en dénombrait 71 en 2004, souligne la LPO. 12 espèces sont aujourd'hui en danger critique d’extinction dans tout le territoire français. Selon l'organisation, la Polynésie compte à elle seule 35 espèces menacées.
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24.05.2008
L’Etat encourage la consommation de produits bio dans ses cantines et réceptions
À travers une circulaire publiée hier, l’Etat invite ses ministres, ses secrétaires d'Etat et ses préfets à inciter les services de restauration des administrations de l'Etat et des établissements publics placés sous leur tutelle à utiliser régulièrement des denrées issues de l'agriculture biologique, que ce soit pour la restauration collective ou pour les besoins des réceptions officielles. L'objectif, pour l'année 2010, est d'introduire 15 % de denrées issues de l'agriculture biologique dans les menus et d'atteindre 20 % en 2012. Cette mesure vise déjà les contrats en cours d'exécution qui devront donc faire l’objet d’avenants pour intégrer cet objectif.Source
Cette orientation s'inscrit dans la stratégie nationale de développement durable qui prévoit que l'Etat s'applique à lui-même la démarche de développement durable qu'il entend promouvoir auprès des collectivités territoriales, des particuliers et des entreprises. Elle découle directement des conclusions du Grenelle de l’environnement qui prévoit d’augmenter la surface agricole dédiée à l’agriculture biologique de 2% de la surface agricole utile en 2006 à 6% en 2012.
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23.05.2008
La performance énergétique s’affiche sur les petites annonces immobilières
SourcePour encourager le déploiement du DPE et sa prise en compte par les acquéreurs, les professionnels de l’immobilier s’engagent à afficher les performances énergétiques des biens sur les petites annonces de ventes et de location.
Suite à la signature d’une convention hier matin avec Jean-Louis Borloo, le ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du territoire, les professionnels de l’immobilier s’engagent à encourager leurs agences à afficher sur les annonces la classe énergétique des biens qu’ils vendent ou louent. Cette étiquette énergie découle du diagnostic de performance énergétique mis en place en 2006 et désormais obligatoire pour toute transaction immobilière. Ce document établi par un professionnel à chaque vente ou location de biens immobiliers doit informer sur la consommation annuelle d’énergie du bien et sur les coûts et les émissions de gaz à effet de serre associés. Cette consommation permet de classer les biens de la classe A pour les bâtiments peu consommateurs (inférieure à 50 kwh par m² par an) à la classe G pour les bâtiments très consommateurs d’énergie (plus de 450 kwh/m2/an). Mais réglementairement le vendeur ou le loueur n’est tenu de fournir ce document
Etiquette énergie/CO2 pour les batimentsqu’au moment de la signature, autrement dit lorsque le choix du bien est déjà fait. Désormais, la classe énergétique du bien devrait être visible sur les annonces immobilières en vitrine, dans les catalogues et sur les sites Internet. Cet affichage devrait être progressif avec 10% des agences sensibilisées en 2008, 25% en 2009 et jusqu’à 90% en 2012.
Désormais, tout le monde, propriétaire, locataire, gestionnaire ou occupant de bâtiment public, peut connaître la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre du bâtiment qu’il veut acheter, louer ou fréquenter
Sachant que la majorité des transactions immobilières se font à travers des professionnels (agences, notaires), le ministère espère ainsi que la performance énergétique deviendra un critère de choix majeur pour les acheteurs ou loueurs et que cela encouragera à termes les propriétaires à réaliser des travaux de rénovation.
Reste à savoir si les propriétaires ou bailleurs voudront bien afficher cette information car selon une enquête du groupe PAP sur la performance énergétique réalisée en septembre 2007 sur un échantillon de 450 logements en Ile-de-France, deux biens sur trois sont classés entre F et G en termes de performance énergétique et aucun n'appartient à la catégorie A !
Les professionnels du secteur se sont d’ailleurs engagés à informer et sensibiliser leurs clients sur les enjeux de l’amélioration de la performance énergétique des biens immobiliers et de la lutte contre l’effet de serre. Une opération de sensibilisation baptisée « Stop Carbone » a d’ailleurs été lancée par l’association Human Village et plusieurs partenaires : les agences immobilières ERA Immobilier, le réseau de diagnostiqueurs certifiés AGENDA et l’association de professionnels spécialistes du confort thermique PROMODUL. Le but de l’opération consiste à inciter le grand public à la réalisation de travaux. Nous comptons proposer des solutions de financement avantageuses qui mettent en lumière le gain financier à terme pour le foyer. En effet, nous devons faire apparaître qu'un euro dépensé doit être un euro qui rapporte, explique les partenaires. À partir de janvier 2009, le message sera également destiné aux entreprises, collectivités et administrations.
Par ailleurs, dans le cadre de la mise en œuvre des engagements du Grenelle, plusieurs textes législatifs concernant le DPE ont été publiés ou vont l’être prochainement. L’arrêté du 21 septembre 2007 a par exemple élargi l’obligation du DPE aux bâtiments neufs dont le permis de construire a été déposé après le 1er juillet 2007. L’arrêté du 7 décembre 2007 stipule quant à lui que les gestionnaires des bâtiments publics importants doivent afficher le DPE dans le hall d’accueil du bâtiment, de manière visible du public. L’arrêté du 18 décembre 2007 par ailleurs prescrit la réalisation systématique, pour les bâtiments neufs de plus de 1.000 m², d’une étude de faisabilité de diverses solutions d’approvisionnement en énergie de leur projet de bâtiment, avant le dépôt de la demande de permis de construire.
En outre, deux nouveaux textes ont été publiés en mai 2008. L’arrêté du 6 mai confirme l'approbation de diverses méthodes de calcul pour le diagnostic de performance énergétique tandis que le décret du 15 mai 2008 relatif au diagnostic de performance énergétique modifie le code de la construction et de l'habitation au regard de ce nouvel outil.
Un prochain arrêté, qui sera prochainement publié au Journal officiel, devrait fixer des objectifs de performance énergétique à atteindre lors des travaux importants de rénovation thermique. Désormais, tout le monde, propriétaire, locataire, gestionnaire ou occupant de bâtiment public, peut connaître la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre du bâtiment qu’il veut acheter, louer ou fréquenter, a déclaré Jean-Louis Borloo.
Mais pour l’association de protection de la nature Les Amis de la Terre, l’information à travers l’étiquette énergie/co2 reste insuffisante. Nous avons attendu trop longtemps pour inciter de façon efficace les particuliers à isoler leur logement et ainsi réduire leur consommation d’énergie, explique Cyrielle den Hartigh, chargée de campagne Changements climatiques aux Amis de la Terre. Nous n’avons plus d’autre choix que de rendre obligatoire la rénovation thermique des logements à chaque transaction immobilière, en vente ou location, à hauteur de 80 kWh/m²/an, estime-t-elle. L’association souligne surtout l’impérieuse nécessité de mettre en place des outils financiers efficaces pour que puisse être mené à bien un tel programme de rénovation. Les propriétaires les plus pauvres doivent bénéficier d’aides directes conséquentes, et les locations doivent faire l’objet de rénovation de qualité au même titre que les logements occupés par leur propriétaire, précise Cyrielle den Hartigh,
Rappelons qu’en France le secteur du bâtiment consomme 43% de l’énergie disponible et est à l’origine d’au moins 21% des émissions de CO2 nationales soit 120 millions de tonnes. Dans ce secteur, l’objectif « facteur 4 » que s’est fixé la France signifie qu’à partir d’une consommation moyenne de 400 kWh/m2/an actuellement, il faut parvenir à une consommation moyenne de 100 kWh/m2/an d’ici 2050 pour l’ensemble du parc dont environ 50 kWh/m2/an uniquement pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire (ECS).
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22.05.2008
Bientôt des champignons génétiquement modifiés pour produire des agrocarburants ?
Pour dégrader toute sorte de matière végétale en sucres facilement transformables en alcool, les champignons semblent prometteurs. Le Trichoderma reesei dont le génome vient d’être décodé pourrait ainsi permettre la production d’agrocarburants.
Dans un contexte de défiance envers les carburants produits à partir de denrées alimentaires comme le maïs ou la betterave, les recherches sur les agrocarburants de seconde génération fabriqués à partir de n’importe quelle matière végétale se poursuivent.
Certaines recherches cherchent à diversifier la ressource. Le projet SHAMASH de l'institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) travaille par exemple sur une production à partir de microalgues autotrophes. Ces microorganismes peuvent accumuler jusqu'à 50% de leur poids sec en acides gras, permettant d’envisager des rendements à l'hectare supérieurs d'un facteur 30 aux espèces oléagineuses terrestres.
D’autres équipes se concentrent sur la technique et misent par exemple sur la thermochimie pour produire un carburant de synthèse liquide à partir de la biomasse. C’est le cas du CEA en France qui en coordination avec l’Institut français du pétrole mène le projet Biocarb.
Certains travaux sont quant à eux axés sur les moyens de dégrader la cellulose afin d’élargir les sources possibles de biomasse et dans cette voie les microorganismes semblent prometteurs. Un champignon en particulier a attiré l’attention des scientifiques du laboratoire Architecture et fonction des macromolécules biologiques (CNRS/Universités de la Méditerranée et de Provence). Le champignon filamenteux Trichoderma reesei est en effet très efficace pour dégrader les végétaux grâce à une batterie d’enzymes : des cellulases.
La lignocellulose est en effet la matière première végétale la plus abondante. D'un point de vue chimique, les celluloses sont des réseaux de chaînes formées de maillons élémentaires : des sucres. Mais pour transformer la cellulose en éthanol, il faut tout d'abord la séparer de la lignine. Certains champignons comme le Pycnoporus cinnabarinus sont à ce titre particulièrement étudiés pour cette étape. La cellulose peut ensuite être hydrolysée en sucres. Grâce à sa batterie d’enzymes très efficace, Trichoderma reesei est considéré comme le champignon de référence pour transformer la cellulose de la paroi végétale en sucres simples (saccharification) dont il se nourrit. Après fermentation, les sucres simples peuvent être facilement transformés en biocarburants, comme l’éthanol.
Pour aller plus loin dans la connaissance de ce champignon, l’équipe de glycogénomique dirigée par Bernard Henrissat du laboratoire Architecture et fonction des macromolécules biologiques, ont analysé son génome. Les résultats de ces recherches publiés dans le magazine Nature biotechnology*, révèlent contre toute attente que ce champignon ne possède qu’un nombre très faible de gènes codant pour des cellulases (hemicellulases et pectinases), bien moindre que ce qui est trouvé habituellement chez les champignons capables de dégrader la paroi des plantes.
D’abord interprétées comme une mauvaise nouvelle, les limitations de cet organisme modèle sont finalement une aubaine. Les scientifiques vont pouvoir chercher quels gènes pourraient être ajoutées au patrimoine du champignon en vue d’améliorer le cocktail enzymatique et obtenir une saccharification plus efficace pour produire du bioéthanol.
Pour la petite histoire, rappelons le champignon filamenteux Trichoderma reesei a été découvert pendant la 2ème guerre mondiale dans le Pacifique Sud, où il était responsable de la dégradation des équipements de l’armée américaine. Aucune toile de coton ne lui résistait.
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06.05.2008
Les seigneurs de la mer
Un film qu'il faut voir... histoire de remettre "les dents de la mer" à sa place...
18:55 Publié dans Animaux & compagnie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




Désormais, tout le monde, propriétaire, locataire, gestionnaire ou occupant de bâtiment public, peut connaître la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre du bâtiment qu’il veut acheter, louer ou fréquenter